RDC : commente les accords de 2006 à 2018 ont ouvert la voie à la résurgence du M23, selon une analyse d’Extrême Congolais

Dans son édition de juillet 2026, le magazine *Extrême Congolais* publie une analyse signée Thérèse Mamboto qui retrace l’origine juridique de l’impasse actuelle entre Kinshasa et le M23/AFC. Le texte pointe une série d’accords conclus entre 2009 et 2018 qui auraient progressivement affaibli les garanties du Pacte de Nairobi de 2006, ouvrant la voie à l’occupation actuelle de zones minières du Nord-Kivu.

Selon cette analyse, la question de fond est de comprendre pourquoi le pouvoir de Joseph Kabila n’a pas définitivement clos le dossier du M23 après sa défaite militaire de 2013. L’auteure y voit le résultat d’une architecture juridique régionale minée dès sa conception.

Le Pacte de Nairobi, signé le 15 décembre 2006 par onze chefs d’État de la région des Grands Lacs, reposait selon le texte sur trois piliers : l’interdiction d’utiliser un territoire national comme base arrière pour des rébellions (Article 5), un mécanisme régional de certification pour l’exploitation des ressources naturelles or, coltan, cassitérite, wolframite destiné à garantir leur traçabilité (Article 9), et une procédure de sanctions à la majorité qualifiée pour contourner un éventuel blocage par consensus (Article 22).

L’analyse soutient que ces garde-fous ont été méthodiquement contournés à travers une série d’accords : l’accord du 23 mars 2009 avec le CNDP, présenté comme ayant permis l’intégration de combattants dans les FARDC sans filtrage rigoureux, puis les Déclarations de Nairobi de 2013, dont l’auteure estime qu’elles n’ont pas été pleinement appliquées entre 2014 et 2018, laissant le M23 dans ce qu’elle qualifie de statut de « réserve politique et militaire » en Ouganda et au Rwanda.

Le texte établit également un lien entre cette situation et l’exploitation actuelle de sites miniers comme celui de Rubuya, dans le territoire de Masisi, aujourd’hui sous occupation du groupe AFC/M23. Il cite des statistiques attribuées au Groupe d’experts de l’ONU selon lesquelles plus de 90 % de l’or artisanal produit à l’Est de la RDC serait exporté illégalement vers les pays voisins.

L’auteure critique par ailleurs l’accord signé en février 2024 entre l’Union européenne et le Rwanda sur les chaînes de valeur des matières premières critiques, qu’elle juge incompatible avec les principes de traçabilité posés par l’Article 9 du Pacte de Nairobi, et toujours en vigueur à ce jour.

Sur le plan politique intérieur, l’analyse appelle l’opposition républicaine congolaise à soutenir sans ambiguïté le refus du brassage, du mixage et de l’amnistie pour l’AFC/M23, à faire bloc derrière les FARDC, et à mobiliser la diplomatie parlementaire pour dénoncer les accords jugés préjudiciables à la RDC.

Cette analyse reflète le point de vue de son auteure et du magazine Extrême Congolais. Elle porte sur un dossier hautement disputé les responsabilités dans le conflit à l’Est de la RDC et le rôle du Rwanda et de l’Ouganda font l’objet de positions contradictoires entre Kinshasa, Kigali et Kampala.

Source : Thérèse Mamboto, « L’héritage piégé de l’alternance : comment la RDC a été ligotée par les accords passés », Extrême Congolais, RDC/Kinshasa, juillet 2026(Lire l’article en entier sur le lien ci-dessus).

 

 

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