En cette Journée internationale de la jeunesse, le Burundi n’a pas simplement célébré une date sur le calendrier ; il a offert à tout un continent une vision concrète de son avenir. Le 12 août 2026, au Jardin public de Bujumbura, la clôture de la 5ème édition du Dialogue Continental sur la Jeunesse, la Paix et la Sécurité, couplée à la 4ème édition d’Inkerebutsi Day, a pris des allures de tournant historique. Sous le regard du Chef de l’État, Son Excellence Evariste Ndayishimiye, également Président en exercice de l’Union africaine, la jeunesse a prouvé qu’elle n’est plus seulement un sujet de discours, mais un acteur incontournable du développement .
L’événement a été marqué par un moment de grâce, une véritable apothéose de l’innovation locale : la remise des prix aux lauréats d’Inkerebutsi Day. Sur les dix projets finalistes, trois ont émergé, incarnant la diversité et la pertinence des solutions apportées par les jeunes Burundais aux défis contemporains. Bosco Nzisabira, sacré grand gagnant, a reçu un chèque de 20 millions de francs burundais pour son ambitieux projet d’hydroélectricité, une réponse directe aux besoins énergétiques du pays. Le club traditionnel Indangaburundi s’est vu décerner 15 millions pour la sauvegarde du patrimoine culturel, tandis que le Dr Jackson Nsabiyumva a reçu 10 millions et un trophée pour son ingénieux projet de production d’engrais à partir de déjections de lapins, illustrant parfaitement le potentiel de l’économie circulaire .
Cette cérémonie n’était pas un simple concours de beauté entrepreneuriale. Elle a incarné la philosophie du Chef de l’État, qui, dans son discours, a appelé la jeunesse à se considérer comme des “architectes de la paix”. “Je ne souhaite pas que la jeunesse actuelle grandisse dans les mêmes conditions difficiles que moi”, a-t-il confié, avant de la convier à unir ses forces pour combattre la pauvreté, en investissant massivement dans l’agriculture et l’élevage. Son message, à la fois paternel et présidentiel, résonnait comme un devoir de transmission : la clé du progrès réside dans le travail, l’entrepreneuriat et la création d’emplois.
Sur le plan continental, le Président Ndayishimiye a haussé le ton pour appeler la jeunesse africaine à se départir des conflits. Il a plaidé pour une génération d’ambassadeurs de la paix, engagés contre les injustices et la pauvreté. Il a insisté sur la nécessité de mécanismes de suivi pour transformer les engagements en actions tangibles, exhortant les participants à faire vivre cet agenda dans leurs pays respectifs. “L’Afrique a besoin d’une jeunesse debout, engagée et responsable, capable de prendre son destin en main et de bâtir l’Afrique que nous voulons”, a-t-il conclu, scellant l’esprit de cette édition.
Toutefois, derrière cette vitrine de succès et d’ambition, la réalité du quotidien reste un défi de taille. Alors que les jeunes Africains célébraient leur créativité, des voix comme celle de l’organisation PARCEM ont rappelé que le départ massif des jeunes vers d’autres horizons reste une plaie béante. L’insuffisance d’infrastructures, d’énergie et d’accès aux crédits continue de pousser une grande force productive hors du continent . Le Président Ndayishimiye, conscient de cet exode, a retourné la question, incitant les jeunes à investir leur énergie sur place plutôt que de rêver d’un visa pour des pays “déjà développés”.
En définitive, la 5ème édition de ce Dialogue a marqué un pas de géant dans la reconnaissance du rôle des jeunes et des femmes comme piliers de la paix et du développement . Le Burundi, par cette initiative, se positionne non seulement comme le Champion de l’Union africaine pour l’Agenda Jeunesse, mais aussi comme un laboratoire d’espoir où l’on conjugue au présent l’Afrique que nous voulons. Le défi est désormais de transformer l’élan de Bujumbura en un mouvement continental, pour que les talents d’hier deviennent les emplois de demain.