Bujumbura : la police démantèle un réseau présumé d’espionnage et de faux documents au service de groupes armés

Treize personnes, parmi lesquelles des responsables religieux, ont été présentées à la presse ce jeudi 9 octobre 2026 par la Police nationale du Burundi. Elles sont soupçonnées d’espionnage, de fabrication de faux documents et de financement de groupes armés actifs dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Pierre Nkurikiye, porte-parole du ministère burundais en charge de la Sécurité publique, affirme que les suspects appartiennent à un réseau de soutien logistique et financier aux mouvements AFC/M23, Red-Tabara et Twirwaneho. D’après la police, le groupe comprend des ressortissants burundais et des membres de la communauté banyamulenge.

Selon le porte-parole, les arrestations se sont déroulées en trois temps. Le premier suspect, un pasteur, a été interpellé le 8 septembre à l’aéroport international de Bujumbura, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour le Rwanda. Son épouse a été arrêtée six jours plus tard, le 14 septembre.

La deuxième série d’interpellations a visé des responsables des églises Carmel Church et Stone Evangelical Church, ainsi que des personnes soupçonnées de complicité. Les autorités soutiennent que ces structures religieuses auraient servi de paravent à des activités d’espionnage et d’appui aux groupes armés.

La troisième vague a concerné un atelier présumé de faux documents. Les perquisitions ont permis de saisir 215 cachets contrefaits, des imprimantes, des photocopieuses, des machines à écrire et une importante quantité de documents.

Selon la police, ces faux papiers imitaient ceux de plusieurs administrations de la région : Burundi, Rwanda, Tanzanie et Ouganda. Ils auraient permis à des combattants de circuler d’un pays à l’autre sans être repérés.

Pierre Nkurikiye évoque également un mécanisme de collecte de fonds organisé sur des groupes WhatsApp, au moyen d’un langage codé. L’argent ainsi mobilisé aurait servi à financer les opérations de ces mouvements armés.

Les suspects sont notamment poursuivis pour espionnage, atteinte à la sécurité intérieure de l’État, usage de faux, usurpation de fonctions et atteinte au bon fonctionnement de l’économie nationale.

Certaines personnes sont également accusées d’outrage au chef de l’État et d’infractions à caractère racial. Les autorités appellent à la vigilance à la suite de ces arrestations, Pierre Nkurikiye a appelé la population à la vigilance, notamment lors de la location de logements à des personnes dont l’identité ou les activités ne sont pas suffisamment connues. Il a également invité les citoyens à signaler aux services compétents toute activité suspecte.

Les autorités affirment par ailleurs que certaines personnes étrangères contournent la réglementation sur les confessions religieuses en désignant des Burundais comme représentants légaux d’églises qu’elles continueraient à diriger.

RTNB

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