{"id":7822,"date":"2026-07-08T10:31:24","date_gmt":"2026-07-08T10:31:24","guid":{"rendered":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/?p=7822"},"modified":"2026-07-08T10:51:24","modified_gmt":"2026-07-08T10:51:24","slug":"rdc-trente-ans-dagressions-rwandaises-anatomie-dune-guerre-sans-fin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/index.php\/2026\/07\/08\/rdc-trente-ans-dagressions-rwandaises-anatomie-dune-guerre-sans-fin\/","title":{"rendered":"RDC : trente ans d&#8217;agressions rwandaises, anatomie d&#8217;une guerre sans fin"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400;\"><strong><em>Depuis plus de trois d\u00e9cennies, l&#8217;Est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo vit au rythme des interventions militaires du Rwanda. Un conflit qui, selon les estimations les plus couramment cit\u00e9es, a co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 des millions de Congolais certaines sources avancent jusqu&#8217;\u00e0 huit millions de victimes directes et indirectes et qui, lors de la seule derni\u00e8re offensive du M23 soutenu par Kigali, a jet\u00e9 sur les routes des centaines de milliers de d\u00e9plac\u00e9s. Pendant ce temps, la communaut\u00e9 internationale d\u00e9tourne le regard. Retour sur trente ans d&#8217;une entreprise de d\u00e9stabilisation m\u00e9thodique, habill\u00e9e de justifications qui ne r\u00e9sistent pas \u00e0 l&#8217;examen des faits.<\/em><\/strong><\/p>\n<h2>I. Trois d\u00e9cennies d&#8217;interventions militaires : une constante de la politique de Kigali<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Tout commence en 1996. Sous couvert de poursuivre les auteurs du g\u00e9nocide rwandais r\u00e9fugi\u00e9s au Za\u00efre, l&#8217;arm\u00e9e rwandaise p\u00e9n\u00e8tre en territoire congolais aux c\u00f4t\u00e9s de l&#8217;AFDL de Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila. Deux ans plus tard, en 1998, Kigali r\u00e9cidive en parrainant la r\u00e9bellion du RCD, d\u00e9clenchant la \u00ab Grande Guerre africaine \u00bb qui impliquera jusqu&#8217;\u00e0 neuf pays et fera, selon les \u00e9tudes de mortalit\u00e9 les plus cit\u00e9es, plusieurs millions de morts, essentiellement parmi les civils congolais.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le Rapport Mapping des Nations unies, publi\u00e9 en 2010, documente sur cette p\u00e9riode des centaines d&#8217;incidents graves, dont des massacres syst\u00e9matiques de r\u00e9fugi\u00e9s hutu et de civils congolais par l&#8217;arm\u00e9e rwandaise et ses alli\u00e9s des crimes dont le rapport indique qu&#8217;ils pourraient, s&#8217;ils \u00e9taient port\u00e9s devant un tribunal comp\u00e9tent, \u00eatre qualifi\u00e9s de crimes contre l&#8217;humanit\u00e9, voire de crimes de g\u00e9nocide. Seize ans plus tard, aucune juridiction n&#8217;a \u00e9t\u00e9 saisie et aucun responsable n&#8217;a r\u00e9pondu de ces actes.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Apr\u00e8s le retrait officiel de ses troupes en 2002, le Rwanda n&#8217;a jamais r\u00e9ellement quitt\u00e9 la RDC : il y a maintenu son influence par groupes arm\u00e9s interpos\u00e9s le CNDP de Laurent Nkunda \u00e0 partir de 2006, puis le M23 d\u00e8s 2012, dont la premi\u00e8re incarnation s&#8217;empare bri\u00e8vement de Goma avant d&#8217;\u00eatre d\u00e9faite en 2013. Sa r\u00e9surgence fin 2021, massivement appuy\u00e9e par les Forces de d\u00e9fense rwandaises (RDF) selon les rapports successifs du Groupe d&#8217;experts des Nations unies, marque le d\u00e9but du cycle actuel : prise de Bunagana en 2022, puis de Goma et de Bukavu d\u00e9but 2025, les deux capitales provinciales du Nord et du Sud-Kivu.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La constante, sur trente ans, est frappante : \u00e0 chaque phase, les m\u00eames hommes Paul Kagame et son homme de confiance James Kabarebe, aujourd&#8217;hui conseiller principal pour la d\u00e9fense et la s\u00e9curit\u00e9, sous sanctions am\u00e9ricaines et europ\u00e9ennes depuis 2025 et les m\u00eames justifications, servies \u00e0 une communaut\u00e9 internationale qui feint de les croire.<\/p>\n<h2>II. Le pr\u00e9texte des FDLR : un argument qui ne r\u00e9siste pas aux faits<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le premier pilier du discours de Kigali est la menace que repr\u00e9senteraient les FDLR, groupe arm\u00e9 issu des restes des forces g\u00e9nocidaires de 1994. L&#8217;argument souffre pourtant de contradictions majeures que rel\u00e8vent de nombreux observateurs congolais et internationaux.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">D&#8217;abord, la disproportion entre la menace all\u00e9gu\u00e9e et la r\u00e9ponse militaire. Depuis des ann\u00e9es, aucune incursion significative des FDLR en territoire rwandais n&#8217;a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e ; le groupe, affaibli et vieillissant, ne menace plus s\u00e9rieusement l&#8217;appareil s\u00e9curitaire le plus verrouill\u00e9 de la r\u00e9gion. Ensuite, l&#8217;histoire r\u00e9cente d\u00e9ment la sinc\u00e9rit\u00e9 de l&#8217;objectif affich\u00e9 : sous la pr\u00e9sidence de Joseph Kabila, le Rwanda a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&#8217;une coop\u00e9ration s\u00e9curitaire \u00e9tendue avec Kinshasa, allant jusqu&#8217;\u00e0 des op\u00e9rations conjointes sur le sol congolais et une infiltration profonde des services de s\u00e9curit\u00e9 congolais. Kigali disposait alors de toutes les facilit\u00e9s pour en finir militairement avec les FDLR. Il ne l&#8217;a pas fait car la survie r\u00e9siduelle des FDLR est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui justifie, aux yeux du monde, sa pr\u00e9sence militaire permanente \u00e0 l&#8217;Est du Congo.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Pire : les campagnes \u00ab anti-FDLR \u00bb successives se sont sold\u00e9es par des massacres de civils, en majorit\u00e9 hutu r\u00e9fugi\u00e9s rwandais et Congolais confondus, document\u00e9s notamment par le Rapport Mapping. Des centaines de milliers de personnes ont p\u00e9ri dans ces traques men\u00e9es sous la coordination d&#8217;officiers sup\u00e9rieurs rwandais, au premier rang desquels James Kabarebe.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Lorsque la vacuit\u00e9 de l&#8217;argument est devenue trop visible, Kigali a ajust\u00e9 son langage : il ne s&#8217;agissait plus de \u00ab traquer les FDLR \u00bb mais de \u00ab mesures d\u00e9fensives \u00bb. Un glissement s\u00e9mantique qui a un objectif tactique pr\u00e9cis : mettre la RDC dos au mur en exigeant d&#8217;elle qu&#8217;elle neutralise les FDLR dans des zones\u2026 que contr\u00f4lent pr\u00e9cis\u00e9ment l&#8217;arm\u00e9e rwandaise et ses suppl\u00e9tifs de l&#8217;AFC\/M23. \u00ab Par quelle magie la RDC traquerait-elle les FDLR dans des territoires qu&#8217;elle ne contr\u00f4le pas ? \u00bb, s&#8217;interrogent de nombreux analystes. La question reste sans r\u00e9ponse.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le rapport final du Groupe d&#8217;experts des Nations unies, publi\u00e9 en juin 2026 (S\/2026\/466), ach\u00e8ve de d\u00e9monter l&#8217;argument. Les experts \u00e9crivent n&#8217;avoir \u00ab trouv\u00e9 aucune preuve \u00bb que les \u00e9l\u00e9ments des FDLR signal\u00e9s aux c\u00f4t\u00e9s des FARDC constituaient \u00ab une menace directe pour le Rwanda susceptible de justifier une intervention militaire en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo \u00bb. Ils constatent en outre que l&#8217;arm\u00e9e rwandaise a pris pour cible des zones o\u00f9 aucune pr\u00e9sence des FDLR n&#8217;avait \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e, notamment Uvira, ce qui \u00ab met en doute le bien-fond\u00e9 de l&#8217;argument de l\u00e9gitime d\u00e9fense \u00bb avanc\u00e9 sous couvert de \u00ab mesures d\u00e9fensives \u00bb.<\/p>\n<h2>III. La \u00ab protection des Tutsi \u00bb : l&#8217;instrumentalisation des Banyamulenge au Sud-Kivu<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le second pilier du narratif rwandais est la protection des minorit\u00e9s tutsi congolaises, pr\u00e9sent\u00e9es comme pers\u00e9cut\u00e9es par Kinshasa. L\u00e0 encore, l&#8217;examen du terrain r\u00e9v\u00e8le une r\u00e9alit\u00e9 bien plus trouble : c&#8217;est l&#8217;ing\u00e9rence rwandaise elle-m\u00eame qui a embras\u00e9 des zones jusque-l\u00e0 relativement paisibles.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le cas des hauts plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu, est embl\u00e9matique. Pendant des ann\u00e9es, la communaut\u00e9 banyamulenge y a cohabit\u00e9 avec les autres communaut\u00e9s \u00a0Babembe, Bafuliiru, Banyindu dans un \u00e9quilibre certes fragile, mais sans embrasement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. Selon de nombreux t\u00e9moignages issus de la communaut\u00e9 elle-m\u00eame, la d\u00e9stabilisation a commenc\u00e9 lorsque Kigali a entrepris d&#8217;instrumentaliser les Banyamulenge \u00e0 son profit : \u00e9limination physique d&#8217;\u00e9lites dissidentes refusant de cautionner sa politique expansionniste, puis armement des factions acquises \u00e0 sa cause, avec le concours de figures politiques pro-rwandaises telles qu&#8217;Azarias Ruberwa ou Mo\u00efse Nyarugabo, anciens cadres du RCD.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Face \u00e0 cette mainmise, des voix dissidentes se sont organis\u00e9es. Le camp du g\u00e9n\u00e9ral Pacifique Masunzu, officier banyamulenge rest\u00e9 loyal au gouvernement central, s&#8217;est oppos\u00e9 pendant des ann\u00e9es aux factions pro-rwandaises dirig\u00e9es notamment par le colonel d\u00e9serteur Michel Rukunda alias \u00ab Makanika \u00bb. Les hauts plateaux sont ainsi devenus le th\u00e9\u00e2tre d&#8217;un conflit fratricide entretenu de l&#8217;ext\u00e9rieur, dans lequel des civils Banyamulenge eux-m\u00eames y compris des enfants ont p\u00e9ri pour avoir refus\u00e9 la tutelle de Kigali. Depuis, ce coin du Sud-Kivu n&#8217;a plus connu la paix.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Plusieurs notables et dirigeants de la communaut\u00e9 banyamulenge se sont publiquement prononc\u00e9s contre cette prise en otage de leur communaut\u00e9, rappelant que leur avenir est congolais et que la \u00ab protection \u00bb proclam\u00e9e par Kigali n&#8217;est qu&#8217;un paravent pour maintenir une pr\u00e9sence militaire \u00e9trang\u00e8re sur les hauts plateaux d&#8217;Uvira, de Fizi et de Mwenga.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le rapport S\/2026\/466 du Groupe d&#8217;experts corrobore ce tableau d&#8217;une communaut\u00e9 prise en otage. Il documente comment le MRDP\/Twirwaneho a emp\u00each\u00e9 les civils de quitter Minembwe \u00ab en recourant \u00e0 la coercition et \u00e0 la menace de la violence \u00bb, et comment \u00ab tous les gar\u00e7ons \u00e2g\u00e9s de 10 \u00e0 12 ans et tous les hommes valides \u00bb ont \u00e9t\u00e9 contraints de rejoindre ses rangs et de prendre part aux combats, en violation de l&#8217;interdiction du recrutement forc\u00e9 et de l&#8217;utilisation d&#8217;enfants dans les conflits arm\u00e9s. Les experts soulignent que ces comportements soul\u00e8vent de \u00ab graves pr\u00e9occupations \u00bb au regard du droit international humanitaire, \u00ab notamment en ce qui concerne l&#8217;interdiction d&#8217;utiliser des civils comme boucliers humains pour prot\u00e9ger des objectifs militaires \u00bb.<\/p>\n<h2>IV. La guerre d\u00e9port\u00e9e dans la diaspora : lobby et contre-lobby<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le conflit de Minembwe ne se joue plus seulement sur les cr\u00eates du Sud-Kivu : il s&#8217;est export\u00e9 au sein des diasporas banyamulenge et rwandaise, particuli\u00e8rement aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 il a pris la forme d&#8217;une bataille d&#8217;influence dans les couloirs d\u00e9cisionnels internationaux.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Au c\u0153ur de ce dispositif, des voix congolaises pointent le r\u00f4le d&#8217;une organisation d\u00e9nomm\u00e9e Mahoro Peace Association, pr\u00e9sent\u00e9e comme une structure de mobilisation de fonds au profit des groupes arm\u00e9s pro-rwandais actifs \u00e0 Minembwe. Selon ces m\u00eames sources, l&#8217;organisation serait anim\u00e9e en grande partie par des cercles proches du renseignement rwandais et du FPR, et compterait parmi ses membres des ressortissants rwandais ayant usurp\u00e9 l&#8217;identit\u00e9 congolaise pour obtenir un \u00e9tablissement aux \u00c9tats-Unis. Elle aurait \u00e9t\u00e9 cit\u00e9e dans plusieurs dossiers d&#8217;appui \u00e0 des groupes arm\u00e9s et \u00e0 des mouvements insurrectionnels des all\u00e9gations que l&#8217;organisation conteste, mais qui alimentent une m\u00e9fiance croissante au sein de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">En r\u00e9action, des fils et filles de Minembwe se sont organis\u00e9s en contrepoids. Le mouvement Banyamulenge Global Advocacy se pr\u00e9sente comme un mouvement d&#8217;\u00e9veil de la communaut\u00e9, d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 contrer le lobby pro-rwandais aupr\u00e8s des chancelleries et des institutions internationales, \u00e0 emp\u00eacher Kigali d&#8217;exercer une emprise sur la communaut\u00e9 banyamulenge et \u00e0 mettre fin \u00e0 son endoctrinement. Ce clivage interne \u00e0 la diaspora illustre une r\u00e9alit\u00e9 que le narratif officiel rwandais s&#8217;emploie \u00e0 masquer : les Banyamulenge ne sont pas un bloc acquis \u00e0 Kigali, et beaucoup d&#8217;entre eux se vivent d&#8217;abord comme des Congolais pris en otage par une puissance \u00e9trang\u00e8re parlant en leur nom.<\/p>\n<h2>V. Nord-Kivu : massacres, d\u00e9placements forc\u00e9s et repeuplement<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Au Nord-Kivu, le narratif de la \u00ab protection des minorit\u00e9s \u00bb se heurte \u00e0 une autre r\u00e9alit\u00e9 : celle de populations en majorit\u00e9 hutu congolaises massacr\u00e9es, chass\u00e9es de leurs terres et remplac\u00e9es. Des t\u00e9moignages r\u00e9currents font \u00e9tat de mouvements forc\u00e9s de populations dont les terres sont ensuite occup\u00e9es par d&#8217;autres communaut\u00e9s, y compris des personnes venues du Rwanda, dans ce que beaucoup de Congolais d\u00e9crivent comme une entreprise de repeuplement des zones conquises.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Cette lecture s&#8217;appuie sur un mobile \u00e9conomique et d\u00e9mographique bien r\u00e9el : confront\u00e9 \u00e0 la pression fonci\u00e8re, au manque de terres arables et \u00e0 la d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des minerais congolais, le Rwanda a int\u00e9r\u00eat \u00e0 p\u00e9renniser le chaos dans les Kivus. Des sources congolaises vont plus loin et accusent Kigali d&#8217;avoir instrumentalis\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 des factions se r\u00e9clamant des ADF pour semer la terreur dans des villages du Nord-Kivu et pr\u00e9cipiter l&#8217;exode des communaut\u00e9s d\u2019origine une accusation difficile \u00e0 v\u00e9rifier de mani\u00e8re ind\u00e9pendante, mais qui s&#8217;inscrit dans un sch\u00e9ma document\u00e9 d&#8217;utilisation de groupes arm\u00e9s interpos\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Ce qui, en revanche, est solidement document\u00e9, c&#8217;est la brutalit\u00e9 de l&#8217;occupation actuelle. Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l&#8217;homme a accus\u00e9 le M23 d&#8217;avoir tu\u00e9 au moins 319 civils dans le seul mois de juillet 2025 dans le territoire de Rutshuru. En juin 2026, Human Rights Watch a publi\u00e9 un rapport accablant, \u00ab La mort \u00e9tait partout \u00bb, documentant les rafles de grande ampleur, les d\u00e9tentions arbitraires, les meurtres, la torture, le travail forc\u00e9 et le recrutement forc\u00e9 y compris d&#8217;enfants men\u00e9s par le M23 avec l&#8217;appui de militaires rwandais dans les camps de Rumangabo et de Tshanzu. Des abus qui, selon l&#8217;organisation, constituent des crimes de guerre et devraient faire l&#8217;objet d&#8217;enqu\u00eates en tant que possibles crimes contre l&#8217;humanit\u00e9.<\/p>\n<h2>VI. Le vol et le pillage des minerais : le nerf \u00e9conomique de la guerre<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Derri\u00e8re les justifications s\u00e9curitaires et identitaires se cache le mobile que plus personne ne peut ignorer : le contr\u00f4le des minerais congolais. Les rapports d&#8217;enqu\u00eate de plusieurs chercheurs ind\u00e9pendants et de d\u00e9fenseurs de droits humains \u00a0le dit sans d\u00e9tour : sous l&#8217;apparence d&#8217;une r\u00e9bellion locale, la guerre actuelle est une <strong>\u00ab saga de criminalit\u00e9 \u00e9conomique \u00bb<\/strong>, une bataille pour le contr\u00f4le de ressources naturelles \u00e9valu\u00e9es \u00e0 quelque 24 000 milliards de dollars les fameux \u00ab 3T + or \u00bb (tantale, \u00e9tain, tungst\u00e8ne), auxquels s&#8217;ajoutent cobalt, cuivre, diamant et lithium. Les pays voisins, Rwanda en t\u00eate, y sont utilis\u00e9s pour contr\u00f4ler les sites miniers, faire sortir frauduleusement la production congolaise et capter le march\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Les chiffres du pillage parlent d&#8217;eux-m\u00eames. Selon les memes enqu\u00eates, les exportations d&#8217;or du Rwanda ont bondi de 43 % en 2023, tandis que 3,4 milliards de dollars de minerais sortaient par l&#8217;Ouganda. La m\u00eame ann\u00e9e, les \u00c9tats-Unis n&#8217;importaient que 7 % de leur tantale directement de la RDC, mais 36 % du Rwanda un pays dont les r\u00e9serves propres de tantale sont minimes et qui ne poss\u00e8de aucune mine d&#8217;or. La seule explication plausible reste la contrebande de la production congolaise. Comble du paradoxe, l&#8217;Union europ\u00e9enne maintient avec Kigali un accord toujours en vigueur sur l&#8217;exportation de minerais.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le rapport final du Groupe d&#8217;experts de juin 2026 apporte \u00e0 ce dossier des preuves d&#8217;une pr\u00e9cision in\u00e9dite. \u00c0 Rubaya, sous contr\u00f4le de l&#8217;AFC\/M23 depuis le 30 avril 2024, une mod\u00e9lisation tridimensionnelle des sites miniers r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir d&#8217;images satellites de mars 2026 r\u00e9v\u00e8le des niveaux de production d\u00e9passant les estimations de 2024, qui s&#8217;\u00e9tablissaient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 environ 120 tonnes par mois. Le mouvement y pr\u00e9l\u00e8ve une taxe de 4 dollars par kilo de coltan et de 2 dollars par kilo de cassit\u00e9rite, r\u00e9gl\u00e9e apr\u00e8s livraison au Rwanda sur un compte bancaire ouvert au nom de son coordonnateur financier provincial, et le transport jusqu&#8217;\u00e0 Kigali, o\u00f9 des soci\u00e9t\u00e9s exportatrices de cr\u00e9ation r\u00e9cente rach\u00e8tent la production, est r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 des transporteurs agr\u00e9\u00e9s par la r\u00e9bellion. Cons\u00e9quence directe, rel\u00e8vent les experts : les exportations rwandaises de cassit\u00e9rite ont bondi de 58 % en 2025, passant de 4 859 \u00e0 7 700 tonnes, une hausse qui co\u00efncide \u00ab tant sur le plan chronologique que quantitatif \u00bb avec l&#8217;intensification de la contrebande depuis les zones occup\u00e9es et avec l&#8217;arr\u00eat, en f\u00e9vrier 2025, des exportations officielles congolaises depuis Bukavu. Pour que cette progression s&#8217;explique par la seule production nationale rwandaise, celle des petits producteurs du pays aurait d\u00fb tripler, ce qu&#8217;aucun \u00e9v\u00e9nement ne permet d&#8217;expliquer. Quant \u00e0 l&#8217;or, les experts jugent la hausse des exportations ougandaises \u00ab largement attribuable \u00bb au m\u00e9tal congolais sorti en contrebande.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La g\u00e9ographie militaire de l&#8217;occupation \u00e9pouse d&#8217;ailleurs celle des gisements. La zone sous contr\u00f4le de la coalition RDF\u2013AFC\/M23 s&#8217;\u00e9tire sur 328 kilom\u00e8tres le long de la fronti\u00e8re rwandaise, de Bunagana \u00e0 Kamanyola, et s&#8217;enfonce jusqu&#8217;\u00e0 300 kilom\u00e8tres \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du pays, vers Walikale. La mine de Rubaya, dans le Masisi qui concentrerait, selon le rapport, la moiti\u00e9 de la valeur des r\u00e9serves de coltan est totalement sous contr\u00f4le de la r\u00e9bellion. Le gros des troupes n&#8217;est pas d\u00e9ploy\u00e9 pour \u00ab prot\u00e9ger \u00bb qui que ce soit, mais envoy\u00e9 disputer aux Wazalendo et aux FARDC le contr\u00f4le des sites miniers : vers Walikale au Nord-Kivu, vers Twangiza au Sud-Kivu, autour de Kavumu (sites de Luhihi et de Kadasomwa, dans le Kabare). Les centres enclav\u00e9s de Kamituga et de Shabunda figurent \u00e9galement parmi les cibles convoit\u00e9es : la for\u00eat de l&#8217;Urega, entre les rivi\u00e8res Lwindi et Elila, constitue la deuxi\u00e8me zone aurif\u00e8re du pays apr\u00e8s la ceinture de Kibali et sa production s&#8217;\u00e9coule d\u00e9j\u00e0 spontan\u00e9ment via Bukavu\u2026 avant de traverser vers le Rwanda.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Pendant que les combattants se concentrent sur les fronts miniers, Goma (900 000 habitants) et Bukavu (1 400 000 habitants) sont laiss\u00e9es sans s\u00e9curit\u00e9 r\u00e9elle : le rapport fait \u00e9tat d&#8217;une moyenne de cinq cadavres par nuit, les activit\u00e9s de jour \u00e9tant contr\u00f4l\u00e9es par le M23 et celles de nuit livr\u00e9es aux gangs. Une hi\u00e9rarchie des priorit\u00e9s qui trahit, mieux que tout discours, la vraie nature de cette occupation : on prot\u00e8ge les mines, pas les populations.<\/p>\n<h2>VII. De la \u00ab congolisation \u00bb du M23 \u00e0 la strat\u00e9gie de balkanisation<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Accul\u00e9 sur le plan diplomatique, Kigali a entrepris de \u00ab congoliser \u00bb sa r\u00e9bellion. Le M23, mouvement issu des anciens rebelles du CNDP et du RCD, a \u00e9t\u00e9 rebaptis\u00e9 et \u00e9largi au sein de l&#8217;Alliance Fleuve Congo (AFC), coordonn\u00e9e par Corneille Nangaa, ancien pr\u00e9sident de la commission \u00e9lectorale congolaise, et adoss\u00e9e \u00e0 des figures de l&#8217;ancien r\u00e9gime, dont l&#8217;ex-pr\u00e9sident Joseph Kabila. L&#8217;objectif : pr\u00e9senter \u00e0 la communaut\u00e9 internationale un mouvement \u00ab congolais \u00bb, port\u00e9 par des griefs internes, et non le bras arm\u00e9 d&#8217;une puissance \u00e9trang\u00e8re. Dans l&#8217;opinion congolaise, l&#8217;artifice ne prend pas.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Il ne prend d&#8217;ailleurs plus vraiment ailleurs non plus. Le dernier rapport du Groupe d&#8217;experts des Nations unies, transmis au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 en 2026, est sans ambigu\u00eft\u00e9 : \u00ab le gouvernement rwandais a continu\u00e9 de d\u00e9terminer les territoires \u00e0 conqu\u00e9rir et ceux \u00e0 occuper ou \u00e0 \u00e9vacuer \u00bb, attestant d&#8217;un \u00ab contr\u00f4le op\u00e9rationnel centralis\u00e9 \u00bb et d&#8217;une \u00ab subordination hi\u00e9rarchique \u00bb de l&#8217;AFC\/M23 aux Forces de d\u00e9fense rwandaises. Le rapport d\u00e9crit une cha\u00eene de commandement reliant Kigali au terrain, dans laquelle James Kabarebe joue le r\u00f4le d&#8217;interm\u00e9diaire principal y compris dans la coordination avec Joseph Kabila, lors de r\u00e9unions tenues \u00e0 Gisenyi, au Rwanda. En janvier 2026, apr\u00e8s des d\u00e9cennies de d\u00e9ni, l&#8217;ambassade du Rwanda \u00e0 Washington a fini par reconna\u00eetre une \u00ab coordination s\u00e9curitaire \u00bb avec l&#8217;AFC\/M23 un aveu minimal au regard des effectifs que les experts onusiens documentent d\u00e9sormais : selon leurs \u00ab estimations prudentes \u00bb, entre 8 000 et 10 000 soldats de la RDF \u00e9taient d\u00e9ploy\u00e9s au Sud-Kivu et entre 6 000 et 8 000 au Nord-Kivu en d\u00e9cembre 2025, soit jusqu&#8217;\u00e0 18 000 hommes sur le sol congolais, sans \u00ab aucun retrait notable \u00bb signal\u00e9 depuis.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Ayant \u00e9chou\u00e9 \u00e0 imposer sa r\u00e9bellion comme interlocuteur l\u00e9gitime, Kigali et ses relais poursuivent d\u00e9sormais, selon de nombreux observateurs congolais, un objectif plus radical : la partition de fait du pays, sur le mod\u00e8le soudanais. L&#8217;installation d&#8217;une administration parall\u00e8le dans les zones conquises perception de taxes, nominations d&#8217;autorit\u00e9s, contr\u00f4le des fronti\u00e8res et des sites miniers pose m\u00e9thodiquement les jalons d&#8217;une entit\u00e9 politico-administrative s\u00e9par\u00e9e. Les territoires sous contr\u00f4le direct de l&#8217;arm\u00e9e rwandaise et du M23 repr\u00e9sentent aujourd&#8217;hui, selon l&#8217;ONU, une superficie comparable \u00e0 celle du Rwanda lui-m\u00eame. La \u00ab balkanisation \u00bb de la RDC, longtemps d\u00e9nonc\u00e9e comme un fantasme, se construit sous les yeux du monde.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le rapport S\/2026\/466 d\u00e9crit cette entreprise dans le d\u00e9tail. D\u00e8s le d\u00e9but de d\u00e9cembre 2025, l&#8217;AFC\/M23 a \u00e9tabli une \u00ab nomenclature codifi\u00e9e des taxes reproduisant les structures fiscales de l&#8217;\u00c9tat congolais \u00bb, imp\u00f4ts sur le revenu des personnes physiques et morales compris ; les services fiscaux provinciaux ont \u00e9t\u00e9 regroup\u00e9s au sein d&#8217;une structure unifi\u00e9e plac\u00e9e sous son \u00ab d\u00e9partement des finances \u00bb ; les compagnies nationales d&#8217;eau et d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 (REGIDESO et SNEL) ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9es sous l&#8217;autorit\u00e9 du gouverneur nomm\u00e9 par le mouvement ; l&#8217;assureur public SONAS a \u00e9t\u00e9 \u00e9vinc\u00e9 au profit d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, Imperial Assur, en situation de quasi-monopole depuis mars 2026 ; un \u00e9tablissement financier non agr\u00e9\u00e9 op\u00e9rait m\u00eame \u00e0 Goma et \u00e0 Rubaya. Les experts rel\u00e8vent par ailleurs que, depuis le lancement du processus de Doha en mars 2025, la superficie des territoires occup\u00e9s a augment\u00e9 de plus de 35 %, en violation de la r\u00e9solution 2773 (2025) du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. La \u00ab congolisation \u00bb, elle, se poursuit : au moment de la r\u00e9daction du rapport, plusieurs sources annon\u00e7aient un remaniement imminent du mouvement, y compris un changement de nom, dans lequel Joseph Kabila, condamn\u00e9 \u00e0 mort par d\u00e9faut pour trahison en septembre 2025 par la Haute Cour militaire congolaise, devrait occuper \u00ab des fonctions de premier plan \u00bb.<\/p>\n<h2>VIII. L&#8217;escalade actuelle : des drones sur Minembwe, des accords sans effet<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Les processus diplomatiques se succ\u00e8dent accord de paix entre la RDC et le Rwanda parrain\u00e9 par Washington, d\u00e9claration de principes puis accord-cadre de Doha entre Kinshasa et l&#8217;AFC\/M23, pourparlers de Montreux sans que les armes ne se taisent. Chaque signature a \u00e9t\u00e9 suivie de nouvelles offensives, comme la prise d&#8217;Uvira, le 10 d\u00e9cembre 2025, six jours \u00e0 peine apr\u00e8s la signature, le 4 d\u00e9cembre, de l&#8217;Accord de Washington cens\u00e9 mettre fin aux hostilit\u00e9s, l&#8217;offensive elle-m\u00eame ayant \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e dans les jours pr\u00e9c\u00e9dant la signature. Le Groupe d&#8217;experts \u00e9tablit que plus de 8 000 soldats de la RDF, forces sp\u00e9ciales comprises, y ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s, sous une coordination dans laquelle James Kabarebe a jou\u00e9 \u00ab un r\u00f4le cl\u00e9 \u00bb, et que le retrait de la ville, le 18 janvier 2026, obtenu sous pression diplomatique, s&#8217;est sold\u00e9 non par un retour au Rwanda mais par un red\u00e9ploiement vers d&#8217;autres sites strat\u00e9giques du Sud-Kivu.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Sur les hauts plateaux de Minembwe, la guerre a m\u00eame chang\u00e9 de visage : elle se m\u00e8ne d\u00e9sormais aussi par drones. En avril 2026, les FARDC ont d\u00e9nonc\u00e9 des frappes de drones attribu\u00e9es \u00e0 la coalition RDF\u2013AFC\/M23 sur les localit\u00e9s de Mikenge, de Kakenge et sur la zone habit\u00e9e dite \u00ab Point Z\u00e9ro \u00bb, faisant des morts et des bless\u00e9s parmi les civils, principalement des femmes et des enfants. Ces derni\u00e8res semaines encore, frappes et renforts de troupes se sont intensifi\u00e9s dans la r\u00e9gion, tandis que la communaut\u00e9 banyamulenge organisait des manifestations aux \u00c9tats-Unis, au Canada, au Kenya et en Europe pour d\u00e9noncer les violences inflig\u00e9es aux civils des hauts plateaux.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le Groupe d&#8217;experts confirme cette bascule dans la guerre a\u00e9rienne. Son rapport documente des frappes d&#8217;un drone arm\u00e9 de type Bayraktar TB2 sur Mikenge et Point Z\u00e9ro, dans les Hauts Plateaux, ainsi que des attaques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de drones de l&#8217;AFC\/M23 et de la RDF contre l&#8217;a\u00e9roport de Bangoka \u00e0 Kisangani, principal p\u00f4le logistique des op\u00e9rations a\u00e9riennes des FARDC, pourtant situ\u00e9 tr\u00e8s loin des lignes de front. \u00c0 Goma, le 11 mars 2026, une frappe de drone a tu\u00e9 une employ\u00e9e de l&#8217;UNICEF dans le quartier de Himbi, des militaires du M23 se rendant sur place peu apr\u00e8s pour retirer les d\u00e9bris de projectiles. \u00c0 Minembwe, encercl\u00e9e, toutes les lignes de communication ont \u00e9t\u00e9 coup\u00e9es et, depuis f\u00e9vrier 2026, le seul acc\u00e8s possible se fait par voie a\u00e9rienne. C&#8217;est dans ce contexte qu&#8217;au d\u00e9but de mars 2026 les \u00c9tats-Unis ont impos\u00e9 des sanctions \u00e0 la RDF elle-m\u00eame ainsi qu&#8217;\u00e0 quatre de ses hauts responsables, en raison de \u00ab l&#8217;appui op\u00e9rationnel direct \u00bb fourni \u00e0 l&#8217;AFC\/M23.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Malgr\u00e9 les sanctions cibl\u00e9es dont celles visant James Kabarebe \u00a0et les appels r\u00e9p\u00e9t\u00e9s au retrait des troupes rwandaises, y compris de la part de s\u00e9nateurs am\u00e9ricains saisissant directement la Maison-Blanche, Kigali continue de renforcer ses effectifs. Tout indique une volont\u00e9 d&#8217;aller jusqu&#8217;au bout : soit faire plier le pouvoir l\u00e9galement \u00e9tabli \u00e0 Kinshasa, soit rendre effective la balkanisation si longtemps pr\u00e9par\u00e9e. Pendant ce temps, les communaut\u00e9s des hauts plateaux de Minembwe, comme celles du Nord-Kivu, s&#8217;enfoncent dans une souffrance qui dure depuis des ann\u00e9es.<\/p>\n<h2>Trente ans d&#8217;impunit\u00e9, jusqu&#8217;\u00e0 quand ?<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Trente ans apr\u00e8s la premi\u00e8re invasion, le bilan est accablant : des millions de morts, des millions de d\u00e9plac\u00e9s, deux capitales provinciales occup\u00e9es, une administration parall\u00e8le install\u00e9e sur un territoire grand plus que le Rwanda, et des ressources mini\u00e8res congolaises qui alimentent une \u00e9conomie de guerre r\u00e9gionale. Les deux argumentaires servis par Kigali la menace FDLR et la protection des Tutsis se sont l&#8217;un apr\u00e8s l&#8217;autre effondr\u00e9s face aux faits, aux rapports onusiens et, d\u00e9sormais, aux propres aveux du Rwanda.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Reste la question qui hante les Congolais : jusqu&#8217;\u00e0 quand la communaut\u00e9 internationale continuera-t-elle de fermer les yeux ? Tant que les r\u00e9solutions ne seront pas suivies d&#8217;effets, tant que les rapports d&#8217;experts resteront lettre morte et tant que les responsables identifi\u00e9s de longue date ne r\u00e9pondront pas de leurs actes devant la justice, la m\u00e9canique d\u00e9crite dans ces lignes continuera de broyer les populations de l&#8217;Est de la RDC. L&#8217;histoire retiendra que tout \u00e9tait document\u00e9, connu, et dit et que le monde a regard\u00e9 ailleurs.<\/p>\n<h2>Sources et r\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li><em>Groupe d&#8217;experts sur la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, Rapport final, Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies, document S\/2026\/466, 11 juin 2026 (\u00e9tabli en application de la r\u00e9solution 2783 (2025)).<\/em><\/li>\n<li><em>Rapports ant\u00e9rieurs du Groupe d&#8217;experts des Nations unies sur la RDC, notamment S\/2025\/858, S\/2025\/446, S\/2024\/969 et S\/2012\/843.<\/em><\/li>\n<li><em>Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l&#8217;homme, Rapport du Projet Mapping concernant les violations les plus graves des droits de l&#8217;homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, ao\u00fbt 2010.<\/em><\/li>\n<li><em>Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l&#8217;homme (BCNUDH), constats relatifs aux exactions du M23 dans le territoire de Rutshuru, juillet 2025.<\/em><\/li>\n<li><em>Human Rights Watch, \u00ab La mort \u00e9tait partout \u00bb, rapport sur les exactions du M23 et de ses appuis rwandais dans l&#8217;Est de la RDC, juin 2026.<\/em><\/li>\n<li><em>ICPRD, rapport sur la criminalit\u00e9 \u00e9conomique et le pillage des ressources naturelles dans l&#8217;Est de la RDC, fond\u00e9 sur les donn\u00e9es de son r\u00e9seau de d\u00e9fenseurs des droits humains dans les Kivus.<\/em><\/li>\n<li><em>R\u00e9solutions du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies 1533 (2004), 2773 (2025) et 2783 (2025).<\/em><\/li>\n<li><em>Banque nationale du Rwanda, statistiques mensuelles des exportations (donn\u00e9es cit\u00e9es dans S\/2026\/466).<\/em><\/li>\n<li><em>Mesures de sanctions des \u00c9tats-Unis et de l&#8217;Union europ\u00e9enne visant James Kabarebe (2025), ainsi que la Force de d\u00e9fense rwandaise et quatre de ses hauts responsables (mars 2026).<\/em><\/li>\n<li><em>Accord de Washington entre la RDC et le Rwanda (4 d\u00e9cembre 2025) et documents du processus de Doha, tels que cit\u00e9s dans S\/2026\/466.<\/em><\/li>\n<li><em> Shi Yu, Alain Uaykani. Feature: In DR Congo&#8217;s Rubaya, coltan is both boon and bane<\/em><\/li>\n<li><em>Xinhua| 2025-04-04 20:55:15, https:\/\/english.news.cn\/africa\/20250404\/<\/em><\/li>\n<li><em>xinhuanet.com<\/em><\/li>\n<li><em> Vladmir Bekish. The DRC\u2019s $24 trillion curse: How wealth fuels endless conflict. <\/em><em>Published<\/em><\/li>\n<li><em>17 February 2025 https:\/\/news.az\/news\/-the-drcs-24-trillion-curse-how-wealth-fuels-<\/em><\/li>\n<li><em>endless-conflict<\/em><\/li>\n<li><em> Sasha Lezhnev and John Prendergast. A way out to the DRC Proxy war. <\/em><em>Published on<\/em><\/li>\n<li><em>March 28, 2025 https:\/\/www.justsecurity.org\/109610\/drc-proxy-war-way-out\/<\/em><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Depuis plus de trois d\u00e9cennies, l&#8217;Est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo vit au rythme des interventions militaires&hellip;","protected":false},"author":1,"featured_media":7826,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"csco_display_header_overlay":false,"csco_singular_sidebar":"","csco_page_header_type":"","csco_page_load_nextpost":"","csco_post_video_location":[],"csco_post_video_location_hash":"","csco_post_video_url":"","csco_post_video_bg_start_time":0,"csco_post_video_bg_end_time":0,"footnotes":""},"categories":[22,23],"tags":[],"class_list":["post-7822","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actualite","category-politique","cs-entry","cs-video-wrap"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7822","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7822"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7822\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7824,"href":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7822\/revisions\/7824"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7826"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7822"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7822"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/api.grandslacstv.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7822"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}